Comme un Riopelle quoi!

Un cul d’ourrrr qui pète le feu par secousses…

Noir, certes, mais ‘ec une p’tite lumière au bout du tunnel.

Pas toute nouarreNouarre… Nouarre… Nouarre… L’Afrique toute nouarre… Dans la nuit… Au clair de la lune… Le blanc de ses yeux brillait…

Un choix d’auteur que cette expression graphique pour accentuer l’effet pèle-mêle de c’te ramassis de pelures d’identité, d’après le livre, que mon cerveau aurait tout au long de ma vie accumulé et que, bien qu’utiles, me préservent de mon pouvoir d’aimer et ma capacité à rester présente à l’éveil de mes sens…

Le genre de livre que mon chum lira jamais!!!!

T’en prends, t’en laisses.

Moi, j’n’ai pris pour une petite descente dans mon fond. J’suis pas descendue trop creux, j’suis quand même pas le gouffre de Krubera. Une p’tite descente dans’cave un peu sombre de la connaissance de soi.

Le bordel!

Mon intérieur pis la maison de Ginette dans le show de syllogomanie su’Canal Vie, même combat!

C’était tellement encombré de projections de ce que je veux être mêlées à des peurs, de grandes joies, de l’amour, du succès passé, des insécurités de demain, des rêves, des ambitions, mais pas tant de lumière sur l’instant présent… Un «moi» que je souhaiterais qu’on voit comme je pense que je le vois. Un cumul de petites désolations qui écrasent mes fiertés sous des couches superposées de doutes, de manque d’affirmation de soi qui dégoulinent sur un grand all over de gratitude qui rend le tableau de ma vie du moment, juste du moment, comme une belle oeuvre d’art abstrait.

Un Riopelle quoi!

C’est intéressant, mais c’est complexe. Pas facile. Pas toujours accessible. Faut que tu plisses les yeux pour distinguer les formes, les symboles, les images, le message codé caché dans la toile de ton existence. Ce faisant, tu assombris automatiquement ton regard. Y’a comme une clôture de cils qui entrave ton champ de vision. T’as beau jouer l’artiste de ta vie pis te faire un dessin, c’est flou le chemin qu’il faut prendre pour trouver le cabanon dans lequel t’as accumulé pendant des années, les bons outils pour te construire. T’sais la p’tite cabane perchée au top de ta colonne vertébrale quand tu sais te tenir droite. Le refuge accueillant qui frôle la cime de ton authenticité dans lequel il fait toujours bon de s’écouter, s’entendre, être soi-même, être vrai. Un lieu où tout est en place. Tout est bien rangé. Tout est lumineux. Tout est clair.

Pourquoi c’est si difficile d’y grimper?

D’arrêter d’être gentil, mais d’être vrai?

Je sais b’en qu’ça frôle la littérature de croissance personnelle, mais c’tait ça les questions que j’me posais pendant le confinement…

La vérité, ça dérange. Ça choque. Ça retarde, la vérité. Quand tu demandes à quelqu’un comment ça va par politesse, tu t’attends à un ça va bien rapide pour que tu puisses continuer ton chemin pressé d’aller quelque part. Mais si ça va pas bien… Oups! Là, t’es dans’marde! Faut que tu prennes le temps de savoir pourquoi. Même si t’es b’en pressé d’aller quelque part… On sait tous où la vie nous mène. C’qu’y’a au bout du chemin. Pis personne est assez pressé de mourir pour ne pas prendre le temps de connaître la raison pour laquelle c’te quelqu’un-là va pas bien. Tout d’un coup qu’il est rendu au bout de sa route à lui? J’pense que ça mérite un petit bout de ta vie d’écoute pour allonger la sienne d’un souffle d’expression… Bon, après, ça crée juste un monde plus gentil ET vrai.

La vérité aussi c’est d’arrêter d’être c’qu’on n’est pas en attendant d’être ce qu’on n’sera plus… Plus jamais?

Faqu’euh, faut faire le ménage dans’place. Montrer la porte aux multiples facettes de ta personne qui ont peut-être eu tout au long de ta vie, le front de te défendre, les nerfs d’avancer, de continuer, le pif de se résigner, l’air de ne pas perdre la face, mais qui ne te servent plus.

Donc dans ma descente, j’ai ajusté ma vision nocturne et je me suis adaptée à mon désordre. Des petites pacotilles ici et là. Inutiles et significatives en même temps.

M’est venu un stress… Un fourmillement d’anxiété. Le genre de bébite qui te monte su’la jambe l’été assis dans un parc, qui te chatouille sur le coup, mais qui te dégoûte quand tu t’aperçois que c’t’une chenille verte à poils ras.

Me suis demandé pourquoi j’voulais pas retourner à’job, à ruelle de l’avenir!? Pourquoi j’avais peur que ma boss m’appelle pour me dire de rentrer travailler?!

J’étais bien moué en confinement!

Plus besoin de faire le compte des raisons pour lesquelles je continue à travailler là.

Me répéter comme un mantra en montant les vieilles marches du pavillon DeSève qu’une chance qu’il y a les enfants. Toujours les enfants. La seule raison de me donner toute entière à mon travail. Sans compter. Sans fatigue. Presque coupable d’être salariée pour la force que j’ai de les aimer. Me le répéter en inspirant fort l’odeur romantique du vieux vernis des immeubles patrimoniaux de la ville de Montréal. Les enfants. Toujours les enfants…

Fini les fois où mes collègues me rapportent qu’une telle dans l’équipe m’imite, caricature mon exubérance ou la projection de ma voix, que d’autres médisent à mon sujet en mangeant leu’sandwich à la poudre de grillons trempé dans le kombucha maison. Que je sente qu’on se méfie de moi parce que je suis «amie» avec la boss. Entendre dire qu’on sait b’en, a’la toujours toute c’qu’a veut elle, est’chummy-chummy ‘ec la boss ou avec Cathia, faut faire attention, elle fait des «drames» avec des riens.

Pourtant, je suis sur la même échelle salariale que tout l’monde. Je fais mes heures. Des fois plus. Quand ma boss me demande de mettre sur pied un Camp de leadership, je le monte. Puis comme tout le monde, j’ai présenté ma proposition de contenu d’atelier de création littéraire À vos plumes, prêts… Parlez! au conseiller pédagogique de l’organisme qui l’a approuvée. J’ai rien volé. J’ai rien obtenu au nom d’une quelconque amitié. La coordination du volet communautaire, je l’ai prise en main parce que j’étais rendue la seule des agents à y travailler. Il m’a fallu rebâtir l’équipe, les stratégies de recrutement et de rétention des participants aussi. Et quand est venu le temps de reprendre les Camps familles parce que mon collègue ne ressentait plus la passion de les prendre en charge à la hauteurs des attentes de la direction, b’en je les ai repris aussi avec fougue et générosité. Ce qui a accentué le comportement déviant de ce dit-collègue misogyne sur les bords et vieux garçon malheureux de cinquante ans qui se plaisait à faire subir l’ignorance intentionnelle à l’égard de certains d’entre nous, dont moi, et user de son sarcasme condescendant pour abaisser ceux qui devaient probablement ne pas le faire sentir à la hauteur de la situation.

Je l’ai confronté une fois, pour comprendre ce que je subissais de sa part, mais j’ai compris que «y’avait rien là», que je devais probablement m’imaginer des choses, créer un problème ouss’qu’y’en avait pas. «Faire un drame avec des riens»…

J’ai même demandé une rencontre de médiation entre nous, accompagnée de ma boss pour crever l’abcès. Lui permettre en toute sécurité, de s’ouvrir à moi, en présence de la direction… Le rendez-vous n’a pas trouvé son trou dans l’agenda.

Me revient le souvenir d’être rentrée dans la cuisine sur l’heure du diner et qu’au moment de passer la porte, les conversations se sont éteintes comme si je venais de fermer les interrupteurs. Un click! Y fait clair… qu’on vient de parler dans mon dos.

Tu finis en effet par penser que c’est toi l’problème. Que tu t’en fais trop. Que faut qu’tu travailles là’d’ssus. Que tu les ignores. Que tu passes par dessus. Que tu sois plus forte que ça…

À la dernière rencontre d’équipe de ma première année en fonction à ruelle de l’avenir, en avril 2018, je me rappelle avoir adressé auprès de mes collègues, le manque d’accueil, l’impression qu’il est difficile de faire partie de l’équipe, que la dynamique de groupe est très territoriale et que le fait de vivre dans deux bâtiments séparés puisse être un facteur de ségrégation de l’équipe…

Hé! Pêteux… Me suis pas faite des amis’là!…

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